Entre inconnus, P1 : Comment ça, nous ?






 

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Bon ben ! Le temps est venu de m’adonner à une de mes activités préférées : analyser un peu mes perceptions premières d’une chose et en éclairer les multiples couches de niaiseries s’y terrant.

Ces temps-ci, j’ai tendance à m’interroger sur la thématique de la conceptualisation du terme « communauté ». Partant d’une question de base du genre : qu’est-ce qu’une communauté ?

Je mentionnerai avant d’aller plus loin que je me réfère plus particulièrement aux environnements sociaux qui ont sculpté mon expérience, c’est-à-dire certaines des grandes collectivités urbaines du Québec : Gatineau, Québec, et puis Montréal.

Anyway, pourquoi est-ce que des gens s’associent pour former des milieux dans lesquels des personnes qui ne se connaissent pas acceptent de partager leur quotidien ? Tout ceci  au sein d’un contexte de proximité géographique, d’approbations communes (parfois influencées par des forces plurielles) de certaines idées comme étant des voies à emprunter, et ce, dans l’objectif d’encadrer les dynamiques communautaires.

À première vue, cet état tribal des choses semble devoir son existence aux besoins économiques des membres. Quand je jette un regard aux frontières des espaces m’enveloppant, j’ai de la difficulté à trouver une personne qui pourrait être considérée comme étant autosuffisante. Si ma mémoire ne me trahit pas (comme d’habitude ), je ne détiens pas le souvenir d’avoir connu quelqu’un qui assure entièrement la production de sa propre nourriture et des ressources nécessaires à sa constitution, la construction de son logement, la confection de ses vêtements, bla bla bla, vous comprenez l’idée. Envisagée d’un point de vue sociétal, l’activité économique semble être enracinée dans l’interdépendance. Le travail, la responsabilité, est segmenté et tous jouent des rôles dans le processus de production et de consommation des biens essentiels et facultatifs.  Sans aller plus loin là-dessus pour l’instant, ce type de dynamique collaborative se présente à mes yeux, et à ceux de plusieurs autres, comme le fruit d’une expression valorisant la fortification des intérêts personnels versus les intérêts collectifs. Je ne suis pas en train de pousser cette vieille idée dans votre tête avec l’intention de vous la présenter comme une vérité absolue, mais plutôt comme une perception populaire des tendances comportementales humaines dans la ville québécoise d’aujourd’hui. Quand j’analyse les communications médiatiques tant locales qu’internationales qui crayonnent mes lundis et mardis et etc., je crois percevoir que la culture communautaire citoyenne est un sujet qui, actuellement, préoccupe plusieurs individus.   

Ceci étant dit, est-ce que des motifs non économiques pourraient stimuler des personnes à charpenter des identités communes ?

Dans son ouvrage « Spheres of Justice », un certain Micheal Walzer aurait apparemment déblatéré une proposition intéressante qui ressemblerait à ceci :

« Suppose my neighbour’s child is dying of a curable disease for want of money. While I am building a swimming pool for a like amount of money, in my backyard. Do I owe my neighbour help? Now if i do not, and the child dies, then on Waltzer’s reasonning, my neighbour cannot have any reason to believe he and I share a political community of rights and obligations. We have no more connection than two people on the opposite sides of the earth whose child might be dying right now and to whom I don’t feel an obligation to help. It’s only rational for my neighbour to regard me as far away as the other side of the earth if I don’t help. Why in the world should that neighbour send his second child to war if drafted to protect the community that did not save his child when it could? So society needs us to feel such obligations to it. Membership requires that when members can help other members to satisfy needs, not wants, needs, that people can’t satisfy for themselves, then they must do so. »[1]

De la manière dont je me le suis personnellement imaginé (et je mêle mes réflexions avec les siennes), monsieur Walzer paraît proférer entre les lignes que les communautés se doivent une identité solidaire. Dont les valeurs, les normes et les interactions se dissocient des pratiques d’une organisation sociale fondée principalement sur l’aspect commercial des rapports humains. C’est-à-dire un « sociosystème[2] » composé d’acteurs cherchant avant toute chose à produire, diffuser et consommer harmonieusement les biens et services du marché, et ce, sous l’incitatif le plus associé au concept du marché : faire des sous. La quête des finalités marchandes et la satisfaction de l’intérêt personnel, guidé par la main invisible d’Adam Smith doivent se réaliser dans un esprit de considération pour le bien-être des autres. Le pouvoir d’intervention citoyen doit faire l’objet d’une promotion importante, le devoir économique du citadin s’accompagnant d’un devoir social.

Ce genre de cogitation, « c’est quoi une communauté ? » appartient à cette famille de questions portant le nom des « questions simples, mais non finalement ». Tsé là celles pour lesquelles les réponses relèveraient de l’évidence, mais qui pourtant ne sont pas aussi homogènes et modestes qu’on le croit à l’origine ! Bref, la collectivité est un concept perçu, relatif.

L’existence même de la communauté se fonderait alors sur des besoins qui se rapportent à la survie. Obligations qui semblent entre autres s’assouvir par le profil organique de l’économie et par une pratique solidaire des interactions civiques. Les rassemblements représenteraient une méthode par laquelle les êtres humains parviennent à affronter les menaces environnantes tels les maux du corps, la faim des loups, l’inflexibilité élémentaire… Tout ceci à un certain degré.

Comme on pourrait peut-être en établir l’accord, les perceptions s’expriment généralement à moitié. Laissant derrière leur passage un bassin d’informations à observer sous l’œil qui, préférablement, sera pondéré, curieux, et critique.

À suivre…

[1] The teaching company, Lawrence Cahoon (2014). The Modern Political Tradition : Hobbes to Habermas. Lecture 28 : Walzer on Everything Money Shouldn’t Buy. É.-U.: The Great  Courses.

[2] Petit mot ben l’fun  pour parler d’un système composé d’un environnement dans lequel des personnes socialisent d’une certaine manière.






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