LE GROUPE ET SON INFLUENCE SUR LE COMPORTEMENT (1-1 : LA CRAINTE)

On dirait parfois que le comportement manifesté à notre égard reflète celui que l’on diffuse nous-mêmes. Le traitement qu’une personne accorde à une autre serait en quelque sorte une réponse aux dernières actions et paroles que celle-ci lui aurait exprimées.

Par exemple, si je vais cogner chez vous et que je te dis quelque chose du genre « Salut ! Je viens laver ma vaisselle ! », chances are que tu me répondras « Oh salut ! En fait le programme a changé, j’ai plutôt entendu dire que tu venais manger d’la marde ! » avant de me fermer la porte au nez. Hmoui ?

Aussi, il semble, malgré leurs séparations profondes, que la vie communautaire séculière partage des similarités avec la vie communautaire chrétienne.

Ok. Je sais que j’ai l’air de sauter du coq à l’âne ! C’est que cette semaine, comme la dernière fois, j’emprunterai au christianisme certaines de ses conceptions pour appuyer les miennes. Le premier octobre, j’ai fait mention d’un « Enfer social ». Ce serait en quelque sorte une position d’exclusion. Elle concernerait une personne qui, par son rejet des idées caractérisant la réglementation de la vie en groupe, deviendrait de plus en plus opaque aux yeux de ses pairs.

Ce serait alors une conséquence.

Bref, si ma mémoire est bonne,  j’aspirais formuler entre les lignes que le comportement individuel et collectif serait partiellement déterminé par la peur des répercussions, l’une d’entre elles étant l’enfer social. Cette fois-ci, j’imagine vouloir explorer cette thématique un peu plus profondément en fixant mon attention sur :

  • Les mécanismes et les incitatifs qui soutiennent les rapports citoyens ;
  • La structure règlementaire des interactions en société.

Les bases de l’existence au sein d’un cadre conceptuel chrétien.

Comme tout individu qui soit, le quotidien du croyant serait composé d’obligations et de choix.

L’obligation

L’une de ces obligations serait d’habiter le monde dans lequel nous subsistons présentement. L’individu, en guise de test, devrait débuter sa carrière d’être de conscience dans cet environnement avant de pouvoir déménager dans l’une des dimensions secondaires racontées par nos patriarches en robes, soit le paradis, l’enfer et le purgatoire.

Les choix

Tout dépendamment de la conduite qu’il aura adoptée au cours de sa vie terrestre, le porteur génétique d’Adam et Ève aura l’opportunité de prolonger son existence dans l’un des emplacements présentés précédemment.

Le choix d’un nouveau foyer serait tributaire du comportement individuel. Les types d’actions réalisées, les réflexions personnelles, sont des facteurs qui dépendent ou du moins pourrait apparemment relever d’une décision. Aux yeux de certains adeptes, l’on pourrait par exemple se mettre dé bâtons din roues, en choisissant de pratiquer l’homosexualité. On pourrait aussi fournir de l’aide à une personne dans le besoin ou encore la laisser seule dans sa misère.

Ce sont ces types de choix, supposément, qui détermineront l’allure de la « vie après la vie » : l’atteinte des cieux, des mers enflammées, ou des prisons intermédiaires. Le sort de l’individu serait influencé par ses prises de décision qui, à la fin du processus, seront évaluées par une figure d’autorité divine.

Tout ceci implique la présence de normes interactives. Être chrétien, ce serait évoluer dans un système qui récompense la pratique d’un modèle comportemental. Est-ce que les mêmes conditions s’appliquent dans la vie citoyenne ?

La réglementation explicite et implicite

Comme il a été prononcé la dernière fois, je crois personnellement que l’on peut établir des parallèles entre les manières dont les dynamiques de groupe se matérialisent dans le monde chrétien et séculier. Ces deux idéologies comprennent un ensemble de conventions :

Explicites

Pensons aux lois du système judiciaire ou encore de la documentation biblique. Même si ces textes-là ne semblent pas être interprétés de manière homogène, les individus paraissent quand même leur accorder une autorité qui s’étend ou devrait s’étendre sur la totalité des membres du groupe.

Implicites

Des règlements d’importance collective, mais pas nécessairement fondés dans la loi. Tsé ce serait le genre de situation dans laquelle vous êtes dans le métro, assis à côté de la porte. Soudainement, une personne âgée entre, mais aucune chaise n’est disponible. Vous seriez sûrement tenté, par honnête volonté ou par pression extérieure de lui céder votre place ? Sinon, à l’église, quand on recueille la dime, en tant que membre de cette communauté exclusive, vous seriez probablement porté à contribuer à la cagnotte ? 

Oui ? Non ? Peut-être seriez-vous plus du genre :

Tsk tsk tsk !

En tout cas, nous parlons donc d’un autre code de conduite. Ce protocole, plus dynamique que les lois du système judiciaire, semble être généré par des évaluations individuelles. La perception du citoyen, liée à la conception de ce qui est contextuellement « bon » ou « mauvais », guiderait l’évaluation de l’autre et représenterait une base des conventions sociales implicites. 

Comme le croyant, le citadin devra prendre des décisions qui détermineront sa position au fond des grandes fourmilières urbaines. Son attitude sera reçue, interprétée, et finalement jugée par les membres du collectif qui lui assigneront une place quelque part entre le paradis et l’enfer social.                                                                     

Ce qui distingue l’autorité du monde divin et séculier

La différence entre les incarnations chrétiennes et séculières du pouvoir parait être représentée quantitativement. Celui qui exerce la foi a affaire, je crois, à une administration assez centralisée, soit la trinité et les entités qui agissent en son nom (par exemple les anges et les prêtres). De son côté, la personne qui réside au sein d’une collectivité laïque doit composer avec une masse plus volumineuse et plurielle de juges en constantes interactions. Ceci ferait en sorte que la vie séculière serait propice à l’avènement de verdicts multiples, rapides, et provenant de sources plus variées.

Dans ce type de milieu, tous ont, du moins je pense, la capacité de former des perceptions en réaction aux actions et aux paroles des autres. Tous détiennent le pouvoir d’entretenir des idéaux en ce qui concerne la composition d’une réglementation explicite et implicite des comportements. L’individu évolue alors au sein d’un espace dans lequel il peut exercer son influence, tout en encaissant celle des autres. C’est un jeu subtil, mais bien présent. 

Ceci étant dit, ce serait peut-être l’une des raisons pour lesquelles les communications citoyennes donnent parfois l’impression d’être brumeuses et confuses ? Influencer, être influencé , craindre l’abime, s’en éloigner subconsciemment, méconnaître les aspirations et le vécu d’autrui… Ça a de quoi former des barrières.

 

 






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